Economie

Qu'est-ce que la loi NOTRe a changé?

La loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République, promulguée le 7 août 2015, a renforcé le rôle de la région en matière de développement économique. Cette loi a fusionné les régions et redistribué les compétences entre régions, départements et intercommunalités.

En matière économique, le département a des compétences dans le domaine du tourisme, en particulier pour l'aménagement des sites touristiques, et, dans le domaine agricole, pour le développement des filières agricoles locales.

La Région, quant à elle, est responsable de la politique de soutien aux entreprises. Elle devra présenter un Schéma Régional de Développement Economique, d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII) qui fixera les orientations régionales pour une durée de cinq ans. La région a également la charge de l’aménagement durable du territoire et du Schéma Régional d’Aménagement Durable du Territoire (SRADDT) dédié à l’aménagement du territoire, la mobilité, la lutte contre la pollution de l’air, la maîtrise et la valorisation de l’énergie, le logement et la gestion des déchets.

 

En matière économique, le département intervient au niveau des filières agricoles locales

Pour la nouvelle majorité au département de la Somme, les actions de la collectivité en faveur de l'agriculture s'organisera autour de 4 axes majeurs:

  • faciliter l'évolution et l'adaptation des exploitations d'élevage;
  • augmenter la valeur ajoutée de l'agriculture;
  • assurer le renouvellement des générations, soutenir l'emploi et les agriculteurs fragilisés;
  • aménager l'espace rural.

La Politique Agricole Commune et la remise en cause des quotas laitiers modifient de manière importante le secteur de l'élevage. De ce fait, des mesures ont été prises, dès 2016, pour maintenir le niveau de production et les filières de transformations locales (transformation du lait, découpe en abattoir...). La nouvelle majorité a décidé de cultiver l'image d'un territoire de production de matières premières agricoles en quantité qui favorise surtout les industries agroalimentaires.

Toutefois, en conformité avec la loi NOTRe, des actions seront menées en faveur des filières de proximité, des circuits courts ainsi que pour la diversification des activités. Un micro-abattoir sera créé à l'ouest du département. Nous rappellerons, lors de chaque commission ou de chaque session, que nous sommes pour une agriculture de proximité, sans pesticides, et pour l'installation de jeunes agriculteurs pratiquant une agriculture d'avenir.

Promouvoir une agriculture respectueuse de l'environnement est vital, ce d'autant plus, si l'on veut valoriser l'image du département. Le 1er vice-président aux finances nous a précisé que "ce n'est pas parce que ça n'est pas marqué que l'on ne le fera pas". Ce qui va sans dire va pourtant mieux en le disant. Il est important de l'écrire pour pouvoir expliquer comment l'on souhaite agir.

 

Pour une agriculture respectueuse des sols, de l’air, de l’eau et de la biodiversité

Les consommateurs recherchent de plus en plus des produits sains et de qualité. La demande en produits issus de l’agriculture biologique explose et atteint des records sans précédent. Cette adhésion aux produits bio traduit la volonté des producteurs et des consommateurs de contribuer activement à la protection de l’environnement.

89% des Français (9 personnes sur 10) consomment au moins occasionnellement des produits bio, alors qu’ils n’étaient encore que 54 % en 2003. 65 % en consomment une fois par mois ou plus, contre 37 % en 2003. Si 27 départements ont dépassé plus de 6% de leur surface agricole consacré au bio, la France reste importatrice en raison d'un déficit de production.

Dans la Somme, seulement 1% de la surface agricole est cultivée en bio. C'est pourquoi nous demandons qu'un objectif chiffré soit inscrit dans les conventions pour développer cette filière.

En tant qu'élues écologistes, nous souhaitons que tous les samariens, des plus jeunes dans nos écoles à nos ainés pris en charge par des établissements spécialisés, bénéficient de filières courtes et non traitées.

Enfin, les pratiques spécifiques à l’agriculture biologique permettent d’éviter la contamination des eaux de surface et souterraines et de réduire drastiquement la pollution par les nitrates. S'orienter vers une agriculture biologique et l'écrire, c'est contribuer au maintien ou à l’amélioration de la qualité de l’eau et in fine notre qualité de vie. Le bien-être animal est également une préoccupation majeure des acteurs de la filière bio et des consommateurs. Le cahier des charges de l'agriculture biologique exige la mise à disposition d’un espace bien aéré, de lumière et d’une surface minimum pour les animaux. Seule l'agriculture biologique permettra de changer de système productif agricole, de passer de l'industriel au local et de résoudre la crise actuelle.

 

La Ferme Usine des 1000 vaches : un modèle dépassé

La ferme dite des « 1000 vaches » a pour objectif de réaliser les économies d'échelle liée aux opérations de récolte du lait, de traite et de gestion des déjections. Cette ferme répond directement à la demande expresse de l'industrie agroalimentaire pour baisser les coûts de la collecte.

Ce besoin de l'industrie agroalimentaire - ou plutôt des grandes multinationales de l'alimentaire - s'oppose au souhait d'approvisionnement local des consommateurs. La Confédération paysanne a dénoncé cette industrialisation de l'agriculture française qui se fait aux dépens des agriculteurs et des consommateurs.

A cela s'ajoute un bilan carbone négatif lié au va-et-vient des camions ainsi que l'usage, en partie, de soja importé pour l'alimentation des bovins. Dans ce cadre, l'association Novissen (Nos Villages Se Soucient de leur Environnement), créée en novembre 2011,  craint que les résidus d'azote ne saturent les nappes phréatiques et détériorent la qualité de vie des habitants. La ferme géante pourrait aussi favoriser le risque d'épizootie du fait de la concentration des bovins au mètre carré.

Alors que la FNSEA défend la liberté d'entreprendre et regrette que ce soit un entrepreneur en BTP et un non agricole qui porte ce projet, la ferme des 1000 vaches est en rupture totale avec le modèle français d'élevage familial adapté à la géographie et la culture de nos régions. Actuellement près de la moitié des troupeaux laitiers dépassent à peine cinquante bovins. Si on développait ce modèle sur l'ensemble du territoire français, on passerait de 60.000 exploitations laitières à seulement 2.500 avec des conséquences sociales, environnementales et économiques pour l'ensemble du secteur.

 

En matière économique, le Département intervient au niveau des aménagements touristiques

Département de nature, l'ancienne majorité de gauche avait voulu structurer le développement touristique le long de la Somme avec d'importants investissements dans des maisons de la Vallée pour dynamiser le territoire d'Est en Ouest. Le Grand Projet Vallée de Somme a été abandonné.

Le projet est d'améliorer les infrastructures côtières grâce au Syndicat Mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard confronté à une gestion du trait de côte de plus en plus ardue du fait de la montée des eaux et des risques d'inondations. 

Le développement des Vélos Routes Voies Vertes est également de la responsabilité du département et du Syndicat Mixte Baie de Somme ce qui nous tient particulièrement à cœur. Construire une réputation "Nature" du département, nous y sommes favorables. Toutefois, cette image doit correspondre à des faits et ne pas rester aux intentions.