BS 2017 : moins pour les solidarités et plus pour les routes…

Retrouvez ci-dessous le discours de Marion Lepresle en ouverture de séance du budget supplémentaire du Conseil départemental le 25 septembre 2017 :

« La session qui s’ouvre aujourd’hui sera principalement consacré au budget supplémentaire 2017 du Département. Ce budget supplémentaire se caractérise par des ajustements comptables révélateurs de la nouvelle politique de la majorité du département : celle des réductions des budgets de fonctionnement principalement dans le domaine des solidarités qui viennent s’ajouter aux baisses déjà entérinées dans le budget primitif 2017 et les budgets 2015 et 2016; des baisses essentiellement destinées aux habitants aux ressources les plus faibles de la Somme, et qui relèvent pourtant de la compétence principale du département et que celui-ci a le devoir de protéger.

En ce qui concerne les augmentations budgétaires, le Département continue à abonder le budget consacré aux routes alors qu’il avait déjà été fortement augmenté lors des 2 budgets précédents. Les autres augmentations ne sont pas le fait du Département, elles relèvent de décisions gouvernementales pour l’allocation du RSA et de l’APA, ou de projets en partenariat avec l’État tel que l’appel à projets « collèges numériques et innovation pédagogique ».

Également des réductions budgétaires sont prévues au chapitre du soutien à la parentalité et pour les modes de garde de la petite enfance alors que, déjà, vous allez vers la suppression de l’aide aux communes pour le fonctionnement des crèches.

Vous diminuez le budget aux associations AYLF et APAP pour le soutien à l’enfance et à la jeunesse en difficulté ( – 70 000 ) et celui des maisons des adolescents (- 5000 ). La prévention autour de la grossesse et de la naissance n’est pas épargnée (-34 950 ) alors que vous dites en même temps que la Protection maternelle et infantile est reconnue comme un acteur majeur dans le suivi pré et post-natal ainsi qu’en matière de santé publique.

Les baisses continuent aussi au chapitre de l’éducation à la santé ainsi que pour les associations UDAF80 et AYLF qui œuvrent dans le domaine des actions éducatives en milieu ouvert. Des baisses de crédits destinés aux mesures d’accompagnement social personnalisé (-66 000 ) sont aussi envisagées.

Le budget de toutes les aides financières relatives à l’insertion est en baisse (-156 000 ); en complète contradiction avec l’objectif d’insertion affiché : c’est moins pour les fonds d’aide aux jeunes en difficulté, moins pour les aides individualisées qui permettent par exemple de soutenir des projets de reprise d’activité. Moins pour l’accompagnement socioprofessionnel des bénéficiaires du RSA vers l’emploi, baisse de 80 000 sur les crédits « d’insertion sociale et logement faute de partenaires sur le champ de la prévention de la santé », nous dit-on dans votre document budgétaire. En effet, il n’y a peut-être plus d’association spécialisée dans ce domaine, car faute de financement du Département les années précédentes, elles ont disparues. (ex Antenne santé +)….

Nous notons également la baisse d’un million d’euros en investissement consacrée aux actions d’amélioration du logement et de production de logements sociaux alors que le montant initialement programmé au BP 2017 de 2,3 millions étaient déjà ridiculement faible, compte tenu des besoins énormes dans notre Département. Déjà la majorité du Département a réduit les aides d’accès au logement ou au maintien dans le logement des personnes aux revenus modestes. Tout comme elle a mis fin au programme d’intérêt général de lutte contre la précarité énergétique dont l’objectif était la réalisation de travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements des ménages propriétaires aux revenus modestes. Pourtant, la lutte contre l’habitat dégradé et la précarité énergétique devrait être une priorité du Département et cela créerait des emplois. Mais dans ce domaine autant dire que le Département ne fait plus rien !

D’autres baisses sont encore prévues dans ce budget supplémentaire, elles concernent la politique jeunesse, la réhabilitation des collèges, le soutien aux associations sportives, même les crédits d’investissement consacrés au sport de pleine nature sont divisés par 2.

En fin de compte bien peu de postes budgétaires sont en augmentation. Cela concerne les budgets relatifs à l’allocation du RSA et de l’APA. Et c’est une bonne nouvelle pour les bénéficiaires que le gouvernement ait décidé de l’augmentation de l’allocation du RSA tout comme pour l’APA !

C’est heureux que la majorité du Département ne décide pas dans ce domaine vue sa tendance antisociale… et son obsession de la chasse aux fraudeurs !

D’autres augmentations budgétaires sont programmées pour les routes encore ! 500 000 ! toujours plus pour les routes ! portant le budget à 16 millions ! Dans le domaine de l’éducation, des crédits pour l’informatique numérique arrivent enfin dans le cadre de l’appel à projets « collèges numériques et innovation pédagogique » pour financer des équipements numériques dans 15 collèges du Département. Mais pourquoi si peu de collèges concernés ? 15, alors que dans le département de l’Aisne ce sont 34 collèges qui vont être équipés et 42 dans l’Oise ?

Le Département doit améliorer les conditions de vie des samariens mais force est de constater que les mesures budgétaires que vous nous proposez, les aggraveront plutôt. Ce sont aussi les enfants mineurs isolés étrangers qui font les frais de votre politique de réduction drastiques des budgets. Cet été encore des jeunes mineurs se sont retrouvés à la rue parce que le Département n’a pas assumé ses responsabilités et prétexté qu’ils n’étaient pas en situation de réelle vulnérabilité… pour faire des économies. Est-il admissible de laisser des mineurs dormir dehors ? La principale compétence du Département n’est-elle pas celle des solidarités ?

Lors de la session, nous aurons aussi l’occasion de délibérer sur le plan de développement de l’agriculture biologique dans les Hauts de France, un plan que nous approuverons bien entendu puisqu’il propose d’accompagner la production de produits bio et locaux, de structurer des filières biologiques et de développer la consommation de produits bio locaux. C’est une bonne chose parce qu’aujourd’hui nous sommes dans une région agricole mais nous importons des produits bio. Nous notons cependant le manque de calendrier de programmation des actions dans le document présenté au vote de l’assemblée, ainsi que l’absence de budget. Aussi nous espérons qu’il ne s’agit pas d’une simple opération de communication et que ce plan ne deviendra pas un plan-plan mais bel et bien un outil de développement de l’agriculture biologique en Hauts de France et dans la Somme.

Enfin, au cours de la session nous nous associerons aux vœux déposés par nos collègues des groupes communistes, « Front de gauche » et « Somme à gauche » relatifs aux contrats aidés, à l’APL et aux missions locales.

En revanche, comme vous le savez nous n’approuvons pas le projet de canal seine nord Europe qui va grever plus encore le budget de notre collectivité, entraîner la disparition de terres agricoles et concurrencer le transport ferroviaire. C’est la raison pour laquelle nous vous proposerons une question orale sur ce thème.

Je vous remercie. »

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